Avis de tempête sur de la 6ème Alpi en Chartreuse !
Article mis en ligne le 27 mars 2018
dernière modification le 30 mars 2018

par Webmaster

Le jeudi 15 mars 2018, la classe de 6ème Alpi est partie en Chartreuse pour sa deuxième sortie en montagne de l’année. Outre M. Darcel, Professeur principal et responsable du projet, M. Renaud, M. Herrbrecht et Mme Nieroz-Ouared étaient de la partie. Au programme : l’ascension de la Pointe de la Cochette (1618 m d’altitude) depuis la petite station des Déserts d’Entremont, soit environ 400 mètres de dénivelé avec raquettes à neige et bâtons. Dans le car, les élèves devaient aussi faire un travail écrit sur les différentes contraintes naturelles repérables dans le paysage et sur les aménagements réalisés par les hommes face à ces contraintes. Enfin, au début de la montée, on s’est arrêtés pour observer et réviser des formes de relief.

Après deux heures de car et une préparation un peu longue mais nécessaire (décharger les bâtons, les 28 paires de raquettes, expliquer comment on les accroche aux pieds, réparer quelques petits problèmes techniques au niveau des fixations…), on est partis. Pour le moment, le temps est gris mais plutôt sec. Quelques jours avant la sortie, nous avons pris soin de voir en classe le parcours, les prévisions météo et les affaires à emporter ; pas de beau temps ensoleillé à prévoir, les conditions de ce début de journée sont donc plutôt une bonne surprise. Il faut prendre le temps de s’échauffer, d’accepter que les muscles soient un peu douloureux au début de la montée… mais le rythme de marche est rapidement pris. On monte vaille que vaille et plutôt régulièrement.

Tout va bien en serpentant entre les arbres, dans la neige, hors traces, puis en traversant une grande prairie où la vue se dégage. Chacun suit, à son rythme, mais sans trop de mal. Le silence habituel de ces lieux est un peu troublé par nos jeunes randonneurs mais la bonne humeur règne. C’est alors que le temps décide de se rappeler à notre bon souvenir. En effet, voilà le ciel (déjà assez gris) qui s’obscurcit et on voit des trainées blanchâtres coiffer la plupart des sommets. Bientôt, un déluge de grêle, de neige fondue ou de pluie s’abat sur nous, ayant vite fait de nous tremper malgré nos habits. Tant bien que mal, le groupe continue son ascension, la pluie faisant peu à peu place à la neige… une neige drue et intense, encore humide. Certains montent encore bien mais d’autres commencent réellement à être fatigués. En tout cas, tout le monde est mouillé, a froid et lorsque le col, situé un peu sous le sommet est atteint, à plus de 1500 m d’altitude, le vent se met à souffler. Nous abandonnons vite l’idée d’aller jusqu’à la pointe, surtout qu’il est déjà 13 heures passées. Beaucoup d’élèves, qui n’ont jamais connu ce genre de conditions, ont du mal à supporter ce froid et cette humidité. Certains, qui demandaient tout le temps quand est-ce qu’on allait manger, ne veulent même plus pique-niquer… On se prête des gants, des pulls, on console quelques-uns ou quelques-unes, on mange tout de même un peu et on redescend le plus rapidement possible. Difficile au départ, la descente redevient plus plaisante car le froid est moins vif et le vent tombe. Mais il neige toujours beaucoup, recouvrant de blanc les sapins qui étaient verts à la montée ! Enfin, après une longue marche, on arrive au parking où doit nous récupérer le car. Un abri ouvert sera très utile à chacun pour se changer, mettre des vêtements secs et manger, boire.





Quelle aventure, finalement ! Mais quelle leçon de vie, aussi. Confrontés de façon assez radicale à l’effort, aux éléments naturels, à eux-mêmes, les élèves ont su réaliser ce jour-là une belle performance en atteignant presque le sommet et en ne renonçant jamais à avancer. Mieux encore, dans les moments les plus durs, l’entraide et la solidarité entre tous les membres du groupe (y compris les professeurs) s’est manifestée spontanément. Enfin, cette sortie aura permis à la classe de voir concrètement des notions vues en classe (un aménagement, une contrainte naturelle…) ce qui aide à donner du sens aux enseignements. Ils auront également pu voir combien l’autonomie est importante en montagne : avoir ses chaussures de marche et non des baskets, avoir des habits chauds, des gants, un bonnet… Même si beaucoup n’avaient pas forcément le matériel adapté à des conditions aussi rudes, tous avaient leur nécessaire de randonnée ce qui a sans doute permis qu’il n’y ait aucune blessure, aucun bobo grave (sauf des ampoules), aucune engelure. Autant de qualités qui seront précieuses aux élèves dans le cadre de leur scolarité, même dans une salle de cours bien chauffée !




Bravo donc aux élèves, merci beaucoup aux collègues accompagnateurs et vivement la dernière sortie, le sommet de l’année !

M. Darcel, professeur principal et responsable du projet Alpi