CHAPITRE 6 : QUAND LA VÉRITÉ SURGIT...

Dernier épisode du Farceur frappe toujours deux fois

Article mis en ligne le 20 juin 2016

par Mme Safyane

CHAPITRE 6 : QUAND LA VÉRITÉ SURGIT...

Lorsque je me réveille, je ne vois pas une, mais deux Clara ! Elles sont en train de se bagarrer. Elles ont toutes les deux les mêmes vêtements, la même voix. J’aimerais savoir qui est la vraie et je m’apprête à leur poser la question quand soudain le clown surgit et se précipite sur moi. L’une des deux Clara se jette sur lui et le frappe mais elle arrête aussitôt car l’autre fille la tient et la regarde d’un air méprisant.
Le clown et la fausse Clara nous ligotent et nous emmènent dans la salle des profs. Ils ferment les portes et baissent les stores pour nous empêcher de nous enfuir. Après quelques minutes de silence, l’homme se tourne vers Clara et grogne : « Pourquoi es-tu sortie ?
— Tu m’as enfermée pendant quatre jours juste pour que Lana prenne ma place, c’est ça ? »
Puis elle se tourne vers moi et chuchote : « Je suis vraiment désolée que mon père ait fait ça !
— Le gardien est ton père ?! Mais… mais… tu t’appelles Clara Anderson !
— C’est le nom de ma mère. Elle est morte quand j’étais petite. Lana est ma sœur jumelle. Elle vit dans un institut. Je ne sais pas ce qu’elle fait là.
— Mais pourquoi tu ne me l’avais pas dit ?
— C’est pas facile. En plus mon père me suivait partout.
— Oh mince ! Mais pourquoi ils font tout ça ?
— Je ne sais pas. »
Tout à coup on entend un grand bruit qui provient des sous-sols. Les quatre garçons ! Ils ont peut-être réussi à s’échapper ! Le clown part précipitamment, laissant Lana pour nous garder. Elle semble inquiète et va voir dans le couloir si son père revient. Clara en profite pour sortir discrètement un petit couteau de sa poche.
« Je l’ai pris dans le tiroir de mon père, me dit-elle. C’est un homme dangereux. » Elle coupe ses liens, puis les miens. Nous quittons la salle des profs. Lana a disparu. Elle est sans doute partie voir en bas si son père va bien. Ou alors c’est qu’elle veut nous piéger…
Je propose à Clara : « Séparons-nous. Toi tu vas essayer de te faire passer pour Lana auprès de ton père.
— Pourquoi ? …. Non ! Nous devons rester ensemble !
— Qu’est-ce qu’on peut faire alors ? »
Clara réfléchit : « Peut-être qu’on pourrait trouver des somnifères à l’infirmerie. Si on arrive à leur faire avaler ça...
— Trop compliqué ! Il faut appeler les secours, dis-je.
— Oui ! Il faut trouver un téléphone !
— Facile ! Il y en a dans toutes les salles de classe ! »
Nous ouvrons la première salle qui est à côté. Zut ! Le téléphone est débranché. Je propose :
« On n’a qu’à aller voir dans les autres... »
Nous essayons la deuxième, la troisième... Rien à faire ! Nous nous dépêchons d’aller à la vie scolaire. Idem. Et aussi dans le bureau de la CPE.
Clara me dit : « Mon père a dû désactiver tous les appareils ! »
C’est à cet instant que nous entendons des cris affreux et un bruit de moteur qui viennent du bas. Clara et moi courons aux sous-sols pour voir comment vont les garçons. Nous assistons à un spectacle incroyable : ils se sont échappés, je ne sais pas comment, et ils courent dans tous les sens, poursuivis par le gardien qui tient une tronçonneuse. Je me cache derrière un mur. Au sol j’aperçois quelque-chose. C’est Lana. Elle a une grosse bosse sur la tête. Clara lui attrape les bras, nous l’attachons et nous la cachons dans un coin. Elle est toujours évanouie.

A ce moment-là, le clown se tourne de notre côté et hurle à Clara :
« Qu’est-ce que tu fais ici, Lana ? Je t’ai dit de rester en haut pour surveiller ces deux fouineurs !
— C’est que j’ai entendu du bruit, papa, et...
— Bon ! Aide-moi plutôt à rattraper les quatre petits lapins… Je vais les découper. Ils ne pourront pas raconter ce qu’ils ont vu ! Ah, ah, ah ! »
Je reste caché dans l’ombre, le gardien ne m’a pas repéré. Clara imite super bien sa sœur. Je lui lance un clin d’œil discret. Elle aussi. Puis elle suit le clown dans le labyrinthe des sous-sols du collège. Je l’entends qui crie : « Je vais vous tailler en pièces avec ma jolie tronçonneuse. Je me demande quel goût vous avez ? Miam miam ! »
Ce type est fou, et pas doué pour la discrétion... mais j’espère que les garçons sont bien cachés, sinon je ne donne pas cher de leur vie.

Je remonte en courant les escaliers. Je dois aller chez le gardien lui-même, le seul endroit où je peux trouver un téléphone branché. Heureusement, Clara a laissé ouvert quand elle s’est échappée. J’entre. Tout est silencieux. J’ouvre une porte et je me retiens de pousser un cri. Sur les murs sont accrochés des squelettes, des perruques et des haches. Comment Clara peut-elle vivre ici ? Dans un angle, je vois un téléphone posé sur une petite table. A côté il y a une lettre. Je lis quelques mots « Je déteste les enfants. Je veux me venger car à cause d’eux ma carrière a été brisée... » Je pose la lettre. Je sais déjà tout cela.

Il faut que j’appelle les secours. Au moment où je m’apprête à prendre le combiné, j’entends du bruit à l’entrée de l’appartement. Une voix que je connais bien résonne : « Eh oh ! Il y a quelqu’un ? J’ai oublié mes clés en salle des profs ! »
C’est Mme Chorvasture ! Je n’ai jamais été si heureux de la voir ! Je me précipite vers elle et lui explique tout. Elle compose le 17 et raconte l’affaire à la police. Puis nous attendons. Je n’entends plus aucun bruit venant du bas. Ce malade a-t-il tué mon amie ? Et les garçons ?

Au bout d’un moment, Clara et les garçons arrivent. Ils tiennent Lana devant eux. Ils sont tous dans un état pitoyable ; Ils expliquent qu’au moment où le clown allait leur sauter dessus avec la tronçonneuse, il s’est arrêté brusquement, en se tenant la poitrine. Puis il est tombé au sol comme un gros sac.

La police le retrouvera bien mal en point. Son cœur n’a pas supporté toutes ces courses poursuites. Il a survécu et a été soigné mais il est désormais en prison pour de longues années. Lors du procès, il a essayé de faire croire que c’était pour rire !
« Quoi ? Ce n’était qu’une blague, il a dit ! » Ça a été ses derniers mots.
Lana, de son côté, a été internée dans un hôpital psychiatrique pour y être soignée. Et Clara est partie vivre chez sa tante, à la campagne.

C’est bientôt les vacances et je vais la retrouver. Elle m’a invité à venir passer le mois de juillet avec elle. Tant mieux, sinon mes parents allaient m’inscrire aux activités du centre social. Merci bien ! Au programme il y avait ... jonglage et arts du cirque.