CHAPITRE 4 : SEUL A L’INFIRMERIE

Rappel des chapitres précédents :
Le narrateur, un garçon d’une douzaine d’années, est arrivé dans un nouveau collège assez bizarre. Il y a des rumeurs concernant des disparitions d’enfants. Lors d’une activité en lien avec le cirque, il aperçoit dans un couloir un clown armé d’une hache. Les lumières s’éteignent et son amie Clara disparait. Trois jours plus tard, Clara n’est toujours pas revenue, et dans la cour il entend des filles parler : il va se passer quelque chose le lendemain à 17h30, dans le couloir du 2e étage…

Article mis en ligne le 3 juin 2016
dernière modification le 20 juin 2016

par Mme Safyane

Chapitre 4 : SEUL A L’INFIRMERIE

Lorsque j’arrive au collège le vendredi matin, la première personne que je vois est... Clara ! Oui, c’est bien elle, mais je ne la reconnais plus. Avant elle était souriante, sympa, marrante… et toutes ces bonnes choses que l’on aime chez une fille. Et maintenant elle a un regard noir. Elle ne me répond même pas quand je lui dis bonjour et passe tout droit, comme si elle ne m’avait pas vu. On dirait qu’elle est traumatisée. Qui l’a changée ? Où avait-elle disparu ? Qu’a-t-elle vu ? Et pourquoi est-elle comme ça ?

Toutes ces questions que je me pose tournent dans ma tête. Je me sens bizarre. On dirait que le sol bouge. J’essaie de m’accrocher à quelque chose mais je m’évanouis aux pieds de la surveillante.

Je me réveille à l’infirmerie. Il n’y a personne. Je me souviens que j’y ai passé la journée. A midi on m’a apporté un plateau repas et ensuite je ne souviens plus très bien. J’ai dû dormir tout l’après-midi. Je me sens encore très fatigué. Que m’arrive-t-il ? Où est passée l’infirmière ?
Soudain il me semble apercevoir une ombre derrière la porte entrouverte. Est-ce que c’est elle qui revient ? Je dis d’une voix mal assurée : « Qui est là ? » Personne ne me répond. Tout à coup je me sens en danger. Il peut m’arriver n’importe quoi ici. Les bureaux et les salles sont de l’autre côté du bâtiment, personne ne m’entendra crier. L’ombre se rapproche. J’attrape le premier objet que je trouve à côté de moi. Un oreiller… ce n’est pas avec un oreiller que je pourrai me défendre face à un fou dangereux ! Je fixe la porte et je vois apparaître des épaules, des cheveux, une tête… Je crie tout en balançant l’oreiller sur… Clara !
Elle entre, prend calmement une chaise et s’assoit. Puis elle me dit :
« Salut ! On dirait que ça va mieux. J’ai pensé que tu voulais parler à quelqu’un. »
Son visage est redevenu doux. Elle sourit mais d’un air un peu forcé, comme si on l’y obligeait.
« Oui, ça va. Mais pourquoi tu n’étais pas là ? Pourquoi tu es passée devant moi sans rien dire ?
— Quoi ? Mais ça fait quatre jours que je ne suis pas venue ?
— Mais… mais… et ce matin alors ?
— Ce matin ? Tu dois te tromper, je n’étais pas au collège ce matin ! »
On dirait qu’elle hésite à me dire quelque chose. Elle me regarde attentivement puis me lance, sur un ton sec : « Bon, je dois y aller, j’ai plein de cours à rattraper ! Tu ferais mieux de rentrer chez toi, y’a plus personne ici ! »
Avant que j’aie pu prononcer le moindre mot, elle est déjà repartie. J’essaie de me lever pour la suivre mais je suis encore faible. Je me traine jusqu’à la porte. J’ai juste le temps de voir Clara disparaitre au bout du couloir vide. Me voilà à nouveau seul. Le silence se resserre autour de moi. Il y a très peu de lumière. Je regarde ma montre : je vois qu’il est déjà 17h30. Mais pourquoi personne n’a appelé mes parents ? Pourquoi ne m’ont-ils pas ramené chez moi ?
Soudain, je me dis que c’est une chance. Il est 17h30 ! Je vais pouvoir mener l’enquête dans le couloir du 2ème étage ! J’avance doucement. Je monte les escaliers et j’avance dans le couloir sombre. Au bout de quelques minutes, je marche sur quelque chose de liquide. C’est du sang. Un peu plus loin il y a un truc rouge, comme une sorte de balle. Je ramasse l’objet : c’est un nez de clown ! Il s’est passé quelque chose et je suis arrivé trop tard !
Tout à coup, j’entends une porte claquer dans les étages du bas et des bruits bizarres. On dirait comme des cris étouffés. Je commence à avoir vraiment peur. Mais maintenant il est trop tard pour reculer. Je prends mon courage à deux mains et je redescends en direction des bruits étranges.

J’aimerais ne pas être aussi seul dans cette histoire. Et Clara qui a encore disparu !

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