Sortie des 6èmes Alpi à la Dent de Crolles (Chartreuse)
Article mis en ligne le 15 juin 2015

par M. Darcel

Sortie des 6èmes Alpi à la Dent de Crolles (Chartreuse)

12 juin 2015

La Dent de Crolles est un imposant sommet situé au-dessus de la ville de Grenoble, tout au sud du massif de la Chartreuse (Alpes du nord). Ultime randonnée du projet Alpi, cette ascension est aussi la plus exigeante avec ses 700 mètres de dénivelé positif au total (dont 650 d’une seule traite), ses 6 km de distance et surtout ses passages escarpés nécessitant souvent l’aide des mains et d’un câble ! C’est également celle qui a permis aux élèves de monter le plus haut en altitude, la Dent de Crolles culminant à 2062 mètres avec ses falaises escarpées. Enfin, pour que cette sortie ait lieu, il a fallu vendre environ 200 livrets confectionnés par les élèves pour financer le transport, livrets que les 6èmes ont vendu à leur famille, proches, amis, commerçants, et que les professeurs du collège ont également achetés ou proposés à leurs connaissances. Sans cette implication efficace des élèves et la générosité de chacun, cette journée en montagne n’aurait pu avoir lieu. Merci donc à tous !

Comme à chaque sortie, les élèves ont préparé la randonnée avec leur professeur principal, M. Darcel : ils ont repéré sur une carte topographique l’itinéraire, calculé le dénivelé, réalisé un profil où figurait la raideur des différentes portions du parcours, et travaillé sur le bulletin météo. Attention, orages ! C’est en substance ce que nous préparait le ciel pour ce vendredi, ce qui imposait de réfléchir sur les règles de sécurité qu’il faudrait appliquer sur le terrain si ces prévisions se réalisaient.

Voici donc nos randonneurs en herbe au départ du sentier, après 2 heures de voyage en car, encadrés par Mme Watt, Mme Sutherland, M. Darcel, M. Fraboni, M. Herrbrecht et M. Mazard. Le ciel est gris mais les reliefs ne sont pas accrochés par les nuages. Au moins, on ne souffre pas beaucoup de la chaleur ! Première étape, un col rapidement atteint qui nous permet de rejoindre la base de la montagne.

C’est là que les choses sérieuses commencent puisque le sentier va devenir nettement plus raide jusqu’à l’arrivée au sommet. De virages en virages, le groupe prend rapidement de la hauteur et atteint la partie la plus délicate de l’ascension : le Pas de l’Oeille, sorte de couloir très pentu dans lequel le sentier serpente et franchit de petites barres rocheuses. La première, justement, se passe grâce à un câble auquel les élèves s’agrippent un à un. L’effort est soutenu et l’attention de rigueur car une chute ne serait pas souhaitable ici… Heureusement, la météo est clémente même si de sombres nuages commencent à s’accumuler à l’horizon.



Comme tout a une fin, voici le haut de la crête et le sommet maintenant à portée de main. Le groupe le rejoint sans peine et profite des pelouses alpines bien confortables pour manger et profiter de la vue. Alors que dans le Pas de l’Oeille, ce n’était que rocher, pente et cailloutis, le versant opposé est un vaste plan incliné aux pelouses ondoyantes parsemées de pins à crochets. Quant au versant oriental, que nous n’avons pas gravi, c’est une haute falaise de 200 mètres de haut dominant un versant abrupt qui plonge ensuite dans la vallée de l’Isère.



Bien agréable et amplement méritée, cette pause pique-nique est néanmoins interrompue par M. Darcel qui observe depuis un moment déjà l’évolution du ciel. Départ dans 15 minutes ! En effet, la pluie arrive et même si un orage semble peu probable, rien ne l’exclut totalement. Or, le groupe se trouve sur un sommet, qui plus est en terrain totalement découvert. Bien sensibilisés et à l’écoute, les élèves ne perdent pas de temps et rangent leurs affaires. Pas question de revenir, comme prévu au départ, par le Pas de l’Oeille : exposé aux intempéries, dangereux si le terrain est mouillé par la pluie, il serait difficile à passer. Mieux vaut emprunter un autre itinéraire, un peu plus long mais plus sûr. D’abord tranquille, le sentier descend doucement au milieu des alpages et des pins. Voilà la pluie, modérée, sans orage, mais le sol est rapidement mouillé et devient donc plus glissant. Après cette portion facile, le reste consiste à descendre une série de barres rocheuses équipées de câbles. Avantage décisif par rapport au Pas de l’Oeille, ces nombreux câbles sont des appuis fiables pour les élèves, surtout sur ce calcaire mouillé. Tout se passe bien, notamment grâce aux compétences montagnardes de M. Fraboni, M. Mazard et M. Darcel. Et c’est finalement sous le soleil que le groupe arrive en bas des falaises, au niveau d’une grotte : le Trou du Glaz. Une pause bien méritée s’impose alors !




Le reste n’est presque plus qu’une formalité, bien que la prudence reste de mise. Le col atteint à l’aller est rapidement rejoint, il ne reste plus qu’à descendre encore un peu pour rejoindre le car. Déjà, de nouveaux nuages encore plus menaçants s’avancent vers nous, augurant une belle douche si on tarde trop ! Mais la douche aura lieu lorsque tout le monde sera remonté dans le car. Voici donc réalisé le défi de l’année pour les 6èmes Alpi, bel épilogue d’un projet égrainé sur toute l’année scolaire. Car ils en ont fait des progrès, depuis la première sortie dans le Pilat ! Peut-être ce projet se poursuivra-t-il l’an prochain, espérons-le !