Visite au musée gallo-romain de Fourvière avec les 6ème6
Article mis en ligne le 13 mai 2012
dernière modification le 30 mai 2012

par HistoireGeo

Récit d’une visite au musée gallo-romain de Fourvière avec les 6ème6

Jeudi 10 mai

Aujourd’hui c’est le jour de la visite au musée gallo-romain de Lyon avec les 6ème 6. Avec monsieur Grimaud, professeur de mathématiques, nous réunissons les élèves dans le hall d’entrée. Il est 9h00. Au début les élèves sont un peu agités, c’est normal, ce n’est pas un jour comme les autres et il y a un peu d’excitation dans l’air. On a distribué le pique-nique préparé par Karine et rappelé quelques règles de sécurité et de savoir-vivre pour que tout se passe bien pendant le déplacement : nous avons un long trajet, depuis le collège il faut prendre le C11 jusqu’à Saxe-Gambetta, ensuite le métro jusqu’à Vieux Lyon et enfin le funiculaire qui nous permettra de rejoindre le célèbre théâtre antique. Les élèves doivent se déplacer en rang serré, écouter les consignes, ne pas dépasser le professeur en tête de troupe. Les TCL sont aussi des lieux publics, il y a d’autres personnes et afin de ne pas les déranger il est interdit de crier, parler trop fort, on laisse les places assises à ceux qui en ont le plus besoin. J’ai peur que nous soyons en retard et je me demande comment les élèves vont se comporter. En tout cas il fait beau, c’est une belle journée qui commence et je suis contente de les emmener dans ce lieu que j’aime beaucoup, leur faire découvrir le passé romain de la ville de Lyon.

Dans le bus je suis déjà agréablement surprise, les élèves sont calmes, Rayann laisse sa place à une personne âgée, tout se passe bien aussi dans le métro et nous arrivons à l’heure au musée. Pour rejoindre le musée il nous faut d’abord traverser le théâtre (voir les photos prises par Jonathan et Ornella). Cela demande visiblement quelques efforts et certains élèves se plaignent déjà d’être fatigués. Je suis un peu étonnée, je pense qu’il ne font pas assez de sport mais ils auront vite oublié une fois que l’on sera en haut, près de l’entrée. J’explique aux élèves qu’il y a en fait deux théâtres. A notre gauche se trouve le petit théâtre, il était réservé aux citoyens les plus riches. A notre droite, après avoir gravi encore quelques marches, nous voyons poindre le grand théâtre où tous les habitants pouvaient venir se distraire quelque soit leur niveau de fortune car les spectacles étaient payés par de riches citoyens à la recherche de popularité. Ce théâtre pouvait accueillir jusqu’à 11 000 personnes ! C’est presque autant que la Hall Tony Garnier, une grande salle de concerts lyonnaise qui accueille aujourd’hui jusqu’à 17 000 personnes. Les habitants de Lugdunum venaient surtout y voir des comédies musicales. Ce théâtre a été construit après la conquête de la Gaule par les Romains, à partir de 15 avant Jésus-Christ, c’était un moyen pour les Romains d’imposer leur culture. Ce processus est ce qu’on appelle la romanisation, la Gaule devient romaine et c’est pour cette raison qu’on dit musée gallo (de Gaule) -romain (de Rome). Ce théâtre est encore utilisé aujourd’hui, à partir du mois de juin s’y déroule en effet le festival de Fourvière qui est connu dans le monde entier : on va y voir des concerts, des pièces de théâtre ou des spectacles de danse. Je trouve cela formidable ! 2000 ans après sa construction le théâtre est toujours vivant, c’est un bel exemple de lien entre passé et présent, cela nous montre que le passé est toujours actif dans nos vies quotidiennes.

Après ces explications nous entrons au musée. Nous rencontrons notre guide. Elle a l’air sympathique. J’espère pour les élèves qu’elle sera intéressante ! J’aime bien son approche. Nous allons faire un parcours à travers le musée en suivant la journée d’un gallo-romain qui a vécu à Lugdunum et qui s’appelait Caius Apronius Raptor. Pour les élèves c’est plus concret, je me dis qu’ils seront plus intéressés et qu’ils comprendront mieux. Ça commence bien ! Les élèves découvrent aussi le latin à cette occasion. Caius portait trois noms : le praenomen (prénom), le nomen (nom) et le cognomen (surnom) car il était issu d’une famille riche. Son cognomen est Raptor, ce surnom vient de rapt, le vol. Pourquoi ? Caius était-il un voleur ? Non, mais Caius était naute, un commerçant dont les marchandises voyageaient sur les deux cours d’eau entourant la ville de Lyon (vous avez trouvé ?). Je trouve ça amusant qu’un commerçant porte un surnom comme ça … Les élèves écoutent bien et surtout ils répondent aux questions de notre guide, je me rends compte qu’ils savent beaucoup de choses, je suis fière d’eux. En fait nous ne connaissons pas très bien la vie de Caius, les archéologues ont retrouvé peu de choses mais en réunissant les quelques éléments qui ont été retrouvés nous en apprenons déjà beaucoup sur lui. Nous pouvons même reconstituer son physique grâce aux inscriptions gravées dans la pierre. Il était d’origine germanique et était probablement blond (tiens il y avait déjà des migrations à cette époque), il n’était pas très grand comme tous les habitants de l’époque. Nous savons que Caius était riche car il a offert des spectacles aux habitants de Lugdunum. Au moment des repas il mangeait couché. Dans les maisons riches comme celle de Caius il y avait de belles mosaïques au sol (une mosaïque est réalisée avec des petits carreaux de couleurs qui assemblés forment un dessin). Jonathan pose une question très intéressante à propos des repas, il a entendu dans un film que les Romains jetaient des aliments sur le sol pour les morts ! Il a raison, tous les repas commençaient par des libations sur le sol : on laissait couler un peu de vin sur la mosaïque pour honorer les morts et les divinités du sous-sol.
Au terme de la visite je trouve que les élèves se sont bien tenus, d’ailleurs la guide me le fait remarquer, elle a passé un bon moment avec nous. Ça me fait plaisir. Ils ont aussi appris de nouvelles choses et j’espère qu’ils garderont un bon souvenir de cette journée. Maintenant ils ont faim, nous allons déjeuner dans le théâtre !

Mme Seznec, professeur d’histoire